Sûreté opérationnelle

L’approche de sûreté utilisée dans les centrales nucléaires CANDU – ce qui comprend toutes les centrales canadiennes – limite à la fois la probabilité qu’un accident survienne et, le cas échéant, les effets éventuels de ce type d’accident. Cette approche appelée « défense en profondeur » comporte cinq grands volets.

Équipement de qualité – Tous les fournisseurs de composantes pour les centrales nucléaires CANDU, par exemple les fabricants de pompes, de vannes, de tuyaux et de systèmes électriques, doivent respecter des exigences rigoureuses. Les dispositifs de commande essentiels à l’exploitation d’une centrale existent en double – ainsi, en cas de défaillance d’un dispositif, un autre prendra la relève et la sûreté de la centrale ne sera pas compromise.

Control room operator

Opérateur de la salle de commande de la centrale Bruce Power. Source : Bruce Power.

Formation des opérateurs – Dans chaque centrale, les opérateurs de salle de commande sont triés sur le volet et suivent une formulation pendant environ huit ans. Ils doivent être autorisés par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui prépare les examens et évalue les compétences des candidats. Une partie de la formation et des examens se fait sur des simulateurs reproduisant la salle de commande qui peuvent représenter un régime d’exploitation normal et un régime d’urgence.

Détection et correction des défaillances – Les composantes et les systèmes de sécurité sont soumis à des tests et à des inspections s’inscrivant dans le cadre de la surveillance continue dont fait l’objet chaque centrale nucléaire canadienne. Une détection constante et rapide des défaillances permet de s’assurer que les centrales nucléaires fonctionnent à l’intérieur des limites prescrites par la CCSN et définies dans leur permis d’exploitation. Des inspecteurs de la CCSN travaillant sur le site de chaque centrale peuvent retirer un permis d’exploitation à tout moment si les exigences de la réglementation ou les conditions du permis ne sont pas respectées.

Systèmes de sûreté spéciaux – Tous les réacteurs nucléaires canadiens sont équipés de systèmes de sûreté spéciaux qui mettent automatiquement le réacteur à l’arrêt en cas de défaillance majeure de l’équipement, mais qui maintiennent le refroidissement du combustible en cas de défaillance du système de refroidissement du réacteur. Ces systèmes de sûreté fonctionnent comme suit :

  • insertion rapide de barres d’arrêt dans le réacteur pour interrompre immédiatement la réaction nucléaire;
  • injection d’un produit absorbeur de neutrons dans le modérateur, ce qui peut aussi interrompre la réaction;
  • injection d’eau sous haute pression dans le système de refroidissement du réacteur en cas de défaillance dans la tuyauterie.

Système de confinement – Dans les centrales nucléaires canadiennes, chaque réacteur est logé dans un système de confinement composé d’un bâtiment étanche doté de parois en béton armé d’une épaisseur pouvant atteindre 1,8 mètre. Dans celles à plusieurs réacteurs, comme Pickering, Bruce Power et Darlington, chaque bâtiment réacteur est relié à un bâtiment sous vide commun, qui fait office de structure de confinement. En cas de libération de vapeur radioactive dans le bâtiment réacteur, cette vapeur serait acheminée au bâtiment sous vide, où elle serait condensée en liquide et confinée pour empêcher son rejet dans l’environnement. Ce dispositif de sûreté est unique aux réacteurs CANDU.