Coût sur le cycle de vie

Le prix que les Canadiens paient pour l’électricité d’origine nucléaire dépend de divers éléments du coût en capital (investissements nécessaires pour construire des centrales et mettre en service l’infrastructure) et du coût d’exploitation (coûts courants liés à la production d’électricité au moyen du combustible). Comparativement aux autres principales filières, le nucléaire a besoin d’un gros investissement initial, mais le coût de production d’électricité est très bas.

Il y a aussi des facteurs externes qui déterminent les tarifs réels de l’électricité : les gouvernements peuvent choisir de subventionner certaines filières qu’ils souhaitent favoriser ou taxer celles qu’ils souhaitent freiner. De plus, la demande d’électricité peut à long terme obliger les entreprises de services publics à modifier leurs tarifs – par exemple parce que les étés plus chauds incitent davantage de gens à utiliser un appareil de climatisation.

Capital financier et humain

La construction d’une centrale nucléaire nécessite des milliards de dollars et des milliers de travailleurs. Par exemple, la construction de quatre réacteurs à Darlington dans les années 1980 a coûté 14,5 milliards de dollars. De plus, il faut déclasser les centrales à la fin de leur vie utile. En pareil cas, on doit confiner de façon sécuritaire les composants qui sont eux-mêmes devenus radioactifs au cours des dizaines d’années d’exploitation.

Les provinces qui optent pour la filière nucléaire doivent aussi investir dans les gens : l’énergie nucléaire nécessite des ingénieurs, des techniciens, des gens de métier qualifiés et toute une gamme de spécialistes en finances, en gestion des ressources humaines, en communication, en éducation et en formation ainsi que du personnel administratif pour appuyer les entreprises et les installations.

Rendement de l’investissement

Compte tenu du coût initial élevé, comment le nucléaire peut-il fournir de l’électricité à un coût plus bas que pour toute autre source d’électricité exception faite de la filière hydraulique?

La réponse réside dans la capacité de l’uranium à produire une énorme quantité d’énergie. Au Canada, le prix de l’uranium est de l’ordre de 100 $ le kilo, mais ce combustible fournit à poids égal 20 000 fois plus d’énergie que le charbon. On a donc besoin de beaucoup moins de combustible comparativement à toute autre source d’énergie non renouvelable.

Malgré le coût d’exploitation nettement plus bas des centrales nucléaires, il n’en faut pas moins payer le coût en capital. Toutefois, on le paie une seule fois, tandis que l’exploitation d’une centrale nucléaire dure des dizaines d’années. Pour avoir l’assurance que les Canadiens ont les moyens d’utiliser l’énergie nucléaire, le coût en capital est payé dans le cadre de l’exploitation. Cette façon de procéder donne aussi l’assurance que les générations futures n’auront pas à subir le fardeau de coûts à long terme (par exemple pour le déclassement des centrales ou le stockage du combustible irradié).

Signalons également que la création d’un bassin de travailleurs qualifiés attire généralement d’autres entreprises de pointe qui peuvent aider à stimuler l’économie locale.