Contenu vedette

L’énergie nucléaire pour survivre à la tempête

Plus que jamais, nous dépendons des réseaux électriques. Leur fiabilité est donc essentielle pour nous garantir l’accès à des services de base (services de police, d’incendie, d’eau potable). Cette fiabilité est d’autant plus indispensable considérant notre dépendance envers Internet et les appareils mobiles. Un réseau fiable repose sur deux éléments : son infrastructure et une source d’énergie pour l’alimenter. Deux éléments que les intempéries mettent parfois à rude épreuve. Comme nous l’avons constaté cette année encore, lorsqu’Irma a dévasté le sud de la Floride, le nucléaire s’est avéré une source d’énergie fiable.

« Aucun poteau, aucun câble ni aucun équipement n’ont été épargnés par le vent ou la pluie causés par Irma, une catastrophe sans précédent pour nous », a déclaré Peter Robbins, directeur des communications relatives à la production d’énergie chez Florida Power & Light. Quatre millions de clients se sont retrouvés sans électricité après le passage d’Irma.

Cependant, deux centrales nucléaires de Floride ont tenu bon devant la fureur de la tempête : Turkey Point et St. Lucie. Desservant environ un million et demi d’usagers, ces deux centrales sont conçues pour résister à des phénomènes naturels extrêmes tels que des ouragans. Construites à environ six mètres au-dessus du niveau de la mer, ces centrales nucléaires peuvent faire face à de violentes tempêtes et à de graves inondations. De plus, des systèmes de secours garantissent la sécurité des installations.

« Les réacteurs nucléaires sont spécialement conçus pour résister à des conditions météorologiques et à des phénomènes naturels extrêmes tels que des ouragans et des séismes. Lorsque notre centrale de Homestead a été directement frappée par Andrew (en 1992), aucune des composantes nucléaires n’a été endommagée. Turkey Point était prête à reprendre le service, mais le réseau électrique était détruit; il n’y avait donc plus de réseau où distribuer l’électricité. »

Selon des conclusions appuyées par un rapport de la United States Nuclear Regulatory Commission, près d’un an après le passage de l’ouragan Andrew, « les systèmes de sécurité n’avaient subi aucun dommage, hormis une infiltration d’eau mineure et quelques dégâts touchant l’isolation et la peinture, et il n’y a eu aucune émission radioactive dans l’environnement. Les unités sont restées stables et ont fonctionné comme prévu. »

Alors que les préparatifs et les exercices ont été exécutés bien avant la saison des ouragans, d’autres mesures ont été prises une semaine et demie avant l’arrivée d’Irma. L’une des unités de Turkey Point a été arrêtée, compte tenu de la force des vents prévue pour Irma, avant que l’ouragan ne dévie vers l’ouest. Après Irma, les deux installations ont fait l’objet d’une inspection complète. Une fois encore, les centrales ont prouvé leur résistance dans des conditions extrêmes. Une inspection menée après la tempête a simplement révélé une accumulation de sel dans la partie non nucléaire de St. Lucie.

« Un grand nombre d’inspections doivent être réalisées pour s’assurer que tout a tenu le coup pendant la tempête. Nous contrôlons par deux ou trois fois tous les aspects et travaillons en collaboration avec les autorités en gestion des urgences », a indiqué M. Robbins.

L’étendue des dommages et la quantité de débris ont posé de gros problèmes aux équipes de réparation du réseau électrique. Dans le cas d’Irma, la tempête a généré à certains endroits l’équivalent de deux années de déchets de jardin en une journée.

« Cela fait plus de dix ans que nous avons subi un ouragan majeur. Depuis, la végétation a poussé. Un ouragan balaye les arbres et les branches fragiles. Nous avons vu la tempête endommager considérablement la végétation. L’ouragan emporte par exemple un arbre, qui s’écrase ensuite sur des lignes électriques, occasionnant une panne de courant dans un quartier ou une partie de la ville », a expliqué M. Robbins.

Malgré l’ampleur des dommages, Florida Power & Light, avec le soutien de 20 000 travailleurs étasuniens et canadiens, a pu rétablir le courant pour 2 millions de personnes dans les 24 heures qui ont suivi Irma.

« Nous remercions très sincèrement toutes les personnes qui sont venues de l’extérieur de l’État pour nous aider à rétablir l’électricité », a souligné M. Robbins.

La fin de l’été fut le théâtre de violents ouragans venus frapper le littoral, depuis l’île de Barbuda jusqu’aux États de la Caroline, aux États-Unis. Harvey, Irma et Maria ont fait les manchettes en raison de leur intensité et des dommages catastrophiques qu’ils ont provoqués. Pour la première fois depuis des siècles, Barbuda a été entièrement évacuée après qu’Irma a traversé l’île et y a endommagé, voire détruit 95 % des bâtiments. Puis la monstrueuse Irma s’est déplacée vers la Floride, où elle a causé des dommages considérables. Lorsqu’elle a frappé, Irma était un ouragan de catégorie 4, soit la deuxième force en importance sur l’échelle de Saffir-Simpson.

 

Ces récentes tempêtes mettent en avant la nécessité de nous doter d’infrastructures de réseau, de production et d’énergie fiables. Les océans sont calmes pour le moment, mais si les conditions atmosphériques sont réunies, plus de tempêtes pourraient déferler à travers l’Atlantique. Encore une fois, nous aurons besoin d’infrastructures fiables et robustes pour produire de l’électricité et la distribuer vers les foyers. Et une fois de plus, nous pourrons compter sur la fiabilité et la sécurité des centrales nucléaires.