Formation de tritium

La formation de tritium dans les réacteurs nucléaires suscite certaines préoccupations concernant sa radioactivité et les effets éventuels sur l’environnement et la santé humaine.

Qu’est-ce que le tritium?

Il y a trois types (ou isotopes) d’hydrogène. Le type le plus courant ne comporte aucun neutron dans son noyau. Le deuxième type d’hydrogène, appelé « deutérium », en comporte un. Il représente environ un atome d’hydrogène sur 6 420. Pour fabriquer l’eau lourde, on concentre des molécules d’eau (H2O) renfermant des atomes de deutérium. Le troisième type d’hydrogène, appelé « tritium », compte deux neutrons. Comme son noyau est instable, le tritium est beaucoup plus rare que le deutérium. En se désintégrant, le noyau émet un rayonnement.

Hydrogen isotopes (French)

Les trois types d’hydrogène sont présents dans la nature, mais le tritium se forme également dans les réacteurs nucléaires lorsque l’eau lourde absorbe le rayonnement neutronique ou que l’uranium est utilisé comme combustible. Les centrales nucléaires émettent du tritium dans l’air et dans l’eau, mais en quantités bien inférieures aux limites réglementaires.

Mode de gestion du niveau de tritium

La Commission canadienne de sûreté nucléaire établit les limites réglementaires s’appliquant aux rejets des installations nucléaires dans l’environnement et contrôle ces rejets pour protéger la population et l’environnement. Les installations nucléaires comportent des systèmes, des équipements et des procédés pour éliminer le tritium et réduire la quantité rejetée dans l’air et dans l’eau de manière à assurer la conformité aux normes réglementaires et à atténuer le risque pour les personnes et l’environnement.

La gestion du tritium se fait de trois façons :

  • Un procédé appelé « détritiation » permet de réduire la concentration de tritium dans l’eau lourde utilisée dans les réacteurs CANDU. Ce procédé nécessite des installations spécialisées, comme celles que l’on trouve actuellement sur le site de Darlington, en Ontario, et à la centrale Wolsong, en Corée du Sud.
  • Les émissions de tritium sont confinées grâce à la technologie d’étanchéification à la fine pointe intégrée aux centrales pour empêcher les fuites.
  • La séparation et la récupération du tritium consistent à l’extraire des effluents gazeux et liquides et des déchets avant leur rejet.

Rayonnement émis par le tritium

Le type de rayonnement (bêta) émis par le tritium est trop faible pour traverser la peau humaine, si bien qu’il n’est pas nocif lorsque le tritium se trouve à l’extérieur du corps. Par ailleurs, le tritium à l’intérieur du corps générera une faible dose de rayonnement, mais l’organisme l’éliminera en peu de temps, principalement dans l’urine.
Le rayonnement est présent dans la nature et fait partie de notre vie quotidienne. En moyenne, la dose reçue par les habitants du Canada en raison du rayonnement naturel (p. ex. les rayons cosmiques, les minerais naturels et les aliments) équivaut à environ 3 millisieverts (mSv). À la concentration maximale acceptable actuellement établie pour le tritium dans l’eau potable (7000 Bq/l), la dose supplémentaire attribuable au tritium ne représenterait que 0,1 mSv, soit de 20 à 30 fois moins que le rayonnement naturel.
Comme le montrent les images, si la dose reçue par une personne en raison du rayonnement naturel est représentée par une cruche d’eau de 15 l, la quantité ajoutée par le tritium (à raison de 7 000 Bq/l) correspondrait à une bouteille individuelle de 500 ml. En réalité, comme la concentration de tritium est généralement inférieure à un centième de la limite, la dose réelle attribuable au tritium (par rapport à une cruche de 15 l) est comparable à une cuillère à thé.

Radiation from tritium (French)

Par conséquent, bien qu’une exposition au tritium puisse présenter un risque pour la santé du fait qu’il s’agit d’un élément légèrement cancérigène, plusieurs organisations gouvernementales et scientifiques, comme l’Environmental Protection Agency (EPA) des États-Unis, considèrent le tritium comme l’un des radio-isotopes les moins dangereux, beaucoup moins dangereux que de nombreux produits chimiques d’utilisation courante. Aux niveaux actuels, le tritium absorbé par la population canadienne ne présente aucun risque. De plus, les expériences biologiques, les observations d’humains ayant absorbé accidentellement du tritium et la surveillance systématique des travailleurs sous rayonnement n’ont pas fait la preuve d’effets nocifs pour la santé à ces niveaux.